Mercedes Benz Classe S


Historique

Historique
Production

Mercedes 560 SEL et 450 SEL 6.9

1972-1980

La Classe S, la catégorie de prestige de Mercedes. Les premières Classes S ont été lancées en 1965. Elles ont vu le jour dans un contexte qui allait faire le cheval de bataille de la voiture de nos jours. En effet, c'est à cette époque où la sécurité et les émanations des gaz d'échappement étaient dans la ligne de mire d'un certain avocat américain, Ralph Nader. Son combat abouti à l'introduction d'une loi en 1968 limitant l'émission des gaz d'échappement et un changement de mentalités des ingénieurs.

Cette prise de conscience, cette nouvelle manière de concevoir l'automobile pour mieux l'intégrer dans notre environnement ne paressait pas avoir traversé l'atlantique. Les marques européennes se souciaient encore peu de ces nouveaux critères. Les statistiques en disaient long pourtant sur les victimes de la circulation (16'617 rien qu'en France en 1972) et la parc automobile était en pleine expansion.

Mercedes s'intéresse de près au marché des USA. Elle voudrait accroître sensiblement sa présence sur ce territoire. Ceci l'amène à étudier tout particulièrement les nouvelles contraintes concernant la pollution et la sécurité automobile en vigueur dans ce pays.

La Classe S bénéficiera de tous les résultats des recherches lancées sur des véhicules expérimentaux et les crash-tests imposés par les normes américaines. La sécurité routière alliée au confort et à la qualité de construction allaient devenir les arguments forts de la marque  allemande et ceci, jusqu'à nos jours.

Elle fut présentée au salon de Paris en septembre 1972. Elle dépassait en qualité la BMW 3.0S et la Jaguar XJ6.

Cette gamme se distinguait particulièrement par un habitacle très renforcé en cas de tonneaux et de chocs latéraux, une colonne de direction télescopique et d'importants pare-chocs.

Surnommée "le coffre-fort roulant", elle bénéficiait également d'une excellente tenue de route et d'un poids qui avait au moins l'avantage de coller le véhicule à la route. Son aérodynamique fut étudiée en soufflerie, un des rares constructeurs à en posséder une à son époque.

Tout semblait avoir été étudié dans les moindres détails :

  • Les contours internes des portières sont enveloppés par un moulage arrondi qui fait office de déflecteur de vent quand les vitres sont ouvertes.
  • Le jonc chromé du pare-brise faisait lui aussi office de déflecteur en cas de pluie afin de ne pas salir.
  • Les clignotants et les feux arrières étaient prévus pour ne pas retenir la poussière de la route, d'où leur forme striée.

Le souci de sécurité était omniprésent sur ce véhicule. La trousse de premier secours placée dans une alvéole de la plage arrière et le réservoir d'essence derrière la banquette arrière afin de l'éloigner des chocs ne sont que quelques uns des dispositifs prévus à l'égard de l'automobiliste et de ses occupants.

Plusieurs motorisations étaient destinées pour ce châssis produit à des centaines de milliers d'exemplaires (fig 1) mais une seule a attiré mon attention, la 450 SEL 6.9.

Mercedes 450 SEL 6.9

Mercedes signe, avec ce modèle, son plus gros moteur depuis la guerre. Dévoilée au salon de Genève en mars 1973 certains l'ont décrite à cette époque comme "la meilleure voiture du monde". Elle combinait luxe, confort, espace, sécurité et puissance.

Console de la 450 SEL 6.9

Destinée à une clientèle de la haute société, elle faisait merveille avec son confort, sa suspension hydropneumatique, son intérieur cuir et le bois précieux qui ornait son tableau de bord. Elle fut l'élue des célébrités comme Claude François, Michel Fugain, Jean Richard, Roman Polanski, Marcel Dassault et des personnes au portefeuille bien garni. Non seulement pour son prix, mais aussi pour sa consommation ! Elle fut présenté à un prix (DM 81'300) proche de celui de la Rolls Royce Silver Shadow ce qui, en ajoutant le contexte de la crise du pétrole, explique certainement la production limitée de ce modèle.

Dotée de la climatisation, d'une direction assistée très agréable, d'un couple fabuleux, d'un toit ouvrant et de vitres électriques, d'un tempomat elle a tout pour vite faire passer un long voyage. Seul sa consommation de 18 à ?? (je préfère ne pas y penser) me rappelle qu'il vaut mieux bien gérer l'accélération.

Elle reste le seul modèle à retenir des W116. Les autres n'ayant pas de valeur significative. Elle se se place dans la cour des non moins fameuses 300 SEL 6.3 et la 600 (W100) de 1964. A la veille des années 80, cette série fit place à la W126.

Mercedes 560 SEL

Cette dernière, avec des pare-chocs plus discrets où le plastique remplace le chrome, une ligne plus arrondie et une consommation mieux gérée, correspondait mieux au changement de décennie. Celle-ci sera produite à 818'000 exemplaires de 1979 à 1982 !

Le design de la W116 a traversé les années sans vieillir. Seuls ses chromes et ses jantes 14" montées de gros profils rappellent qu'elle n'est plus d'aujourd'hui. Essayez de lui monter des jantes 15 ou 16" avec des profils de pneus moins "mastoques" et vous verrez, qu'une fois bien astiquée, elle retient l'attention de plus d'un.


La W116 eut un succès cosidérable. Elle fut produite à près de 500'000 exemplaires ce qui est plus qu'honorable pour une berline de luxe.

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